Vox in Excelso - Postchrist

Cover Vox In Excelso500.jpgPostchrist (FR)

MALMORT a beau exister depuis 2003, il a mis le temps à sortir ce premier album. Près de 10 ans ont donc passé et les débuts ont été au ralenti. Une seule démo est sortie en 2006 avant que tout s'accélère en 2010 grâce à la signature avec le nouvellement créé Hass Weg Productions. Le groupe français a alors enchaîné les sorties, commençant par un mini en 2010, puis avec un split avec SAD en 2011 et enfin avec cet album sorti le premier janvier 2012.
Toutes ces années passées dans l'ombre s'expliquent en partie par l'appartenance de 2 de nos 3 vieux briscards à d'autres formations. Le guitariste / bassiste Dalgrïn vient d'EVOHE et le batteur Oldar a officié chez EVOHE et NEHEMAH. Seul le criard Reicheran se dévoue corps et âme à MALMORT. Il a déjà du boulot à abattre ainsi vu que le trio est de ces groupes qui aiment répandre leurs infâmes blasphèmes musicaux en concert.
Et c'est indéniable que les 8 titres de cet album ont été composés pour la scène. D'abord il ne faut pas se fier aux 2 premières minutes de l'album. Elles laissent croire que les ambiances vont être épiques avec de vieux guerriers mélancoliques, mais ce n'est qu'un introduction en décalage avec le reste, le seul lien évident avec EVOHE d'ailleurs. Après celle-ci le black direct et incisif de MALMORT commence et la guerre est déclarée. Les 46 minutes ne contiennent que peu de répit et il faut pas s'attendre à une musique qui tentent l'originalité ou qui se pose des questions. Ça enchaine, ça déroule, ça écraboulle sans pitié. Et au final, c'est peut-être dommage parce que même si certains passages sont très communicatifs dans le style « coups de lattes dans les parties » (« Faciens Misericordiam » et le début survolté de « Roi de Marbre »), il manque quelque chose pour que ce soit jouissif.. Les intentions sont claires mais il y a encore une marge pour être aussi puissant et destructeur que les inévitables TSJUDER.
Alors à quoi la faute ? Peut-être les compositions qui contiennent de bons riffs mais qui n'ont pas assez de relief ? Des passages trop téléphonés à plusieurs reprises ? Une production qui n'est pas au niveau nécessaire ? C'est surtout l'ensemble de tout cela, ajouté à ma sévérité envers le genre. Il faut que ce soit vraiment démentiel comme les TSJUDERdéjà cités pour que j'y trouve mon compte.
Par contre, dès que le groupe change un peu de rythme, les oreilles se redressent. Seulement, ce n'est valable que pour « Templi Secretum » et son break efficace qui apporte des ambiances plus rampantes et moins « bourre pif ». Dommage que le groupe n'est pas intégré de tels éléments sur les autres titres ! C'est un peu le même problème avec les paroles. Elles sont en anglais et bien hurlées, balancées pleines de postillons avec une violence diabolique, mais il y a de rares passages où elles passent au français. Et là, ça marque beaucoup plus. Cette langue aurait mérité d'être un peu plus mise en avant, même si cette remarque n'est sûrement valable que pour les francophones...
Par contre, il faut saluer les qualités du groupe : la sincérité est évidente et la conviction est de mise. Aucun doute non plus sur le fait que ces titres doivent tout démonter en concert. Et c'est finalement le principal. Ce album n'est pas fait pour être écouté peinard chez soi, mais pour devenir la bande sonore apocalyptique d'un combat de gros bras dans une fosse emplie de sang. Sortez les armes !
3,5/5
Sakrifiss