Excerpta Funebris - Horns Up

Cover Excerpta Funebris finale650.jpgHorns Up (Fr)

Malmort est une formation chambérienne créée il y a une dizaine d’années par son vocaliste Reicheran (et Necrowarrior, qui a quitté le projet entre temps). Depuis, une démo, un EP, un split et un album ont été réalisés et quelques remaniements dans le line-up sont venus consolider la formation qui aujourd’hui semble se stabiliser autour de ses quatre membres ; outre son fondateur au chant, on retrouve Dalgrïn à la guitare/basse, Furthass à la guitare et enfin Oldar derrière les fûts, tout ce beau monde officiant dans d’autres projets parallèles de la Sapaudian Scene (Evohé, Atrophy, Hate Supremacy, Allobrogia, Nehëmah…).

Deux ans après un Vox in Excelso plutôt moyen, pêchant par sa linéarité et son manque de maturité, les chambériens remettent le couvert avec leur nouvel opus Excerpta Funebris, toujours sous la bannière du label local Hass Weg Productions. D’emblée, on constate une amélioration de la production, pas loin d’être idéale en donnant de la fluidité, du relief aux compositions et une clarté au niveau de chaque instrument. Question sonorité, elle est à cheval entre un Ravishing Grimness (Darkthrone) et un Satanic Reich (Supremacy), en un peu plus lisse. Puis, quand on se penche à l’intérieur du livret, on remarque l’effort porté sur les textes, bien écrits et en français qui plus est ; il est notamment question de la Mort, de références historiques et de religion.

Venons-en au cœur du sujet, la musique. L’album se compose de sept morceaux, auquel il faut ajouter un huitième en bonus, reprise d’un groupe bien connu en guise de clin d’œil à la vieille scène scandinave, le tout pour une durée de cinquante-deux minutes. Si le côté thrashy dans les riffs était palpable sur le précédent opus, il est ici moins prégnant, la présente œuvre s’inscrivant davantage dans un Black Metal traditionnel, basé sur des ambiances tantôt lourdes, tantôt endiablées. La voix de Reicheran a gagné en qualité, plus moribonde et écorchée ; de même, l’enchaînement des riffs s’est amélioré, plus cohérents, avec une consonance tragique et des mélodies cisaillantes comme peuvent le faire Dark Funeral et consorts. Si sur le précédent album la batterie sonnait un peu boîte à rythme, elle retrouve ici une consistance plus organique même si le mixage la laisse plutôt en retrait, ce qui de facto atténue le relief des morceaux.

Sur le papier, tous les indicateurs semblent être positifs pour annoncer une grande cuvée. Oui mais voilà, si le travail derrière cet album est indéniable, je reste sur ma faim, avec une impression de déjà entendu, ce qui traduit un relatif manque de personnalité. A vrai dire, que ce soit voulu ou pas, nous avons affaire ici à une œuvre se rapprochant de la mouvance dite de l’Orthodox Black Metal, semblable à ce que peut produire un Ondskapt, Supplicium, Mortuus, Darkened Nocturn Slaughtercult ou encore Behexen, avec cela dit quelques échos faits aux pionniers de la scène, Darkthrone en tête.

Alors oui, Excerpta Funebris est de qualité, oui les progrès par rapport à leurs anciennes sorties sont indéniables et vont dans le bon sens, mais je ne suis pas loin de penser que cette réalisation souffre du syndrome du bon album qu’on oublie vite : il passe plutôt bien à l’écoute mais, faute d’éléments accrocheurs, de ce petit quelque chose qui fait la différence, l’objet a tendance à rester sur l’étagère à prendre la poussière. Seule l’épreuve du temps permettra de confirmer ou non ce constat. Cela dit, jetez une oreille sur « Les écorcheurs », la tuerie de cet album, conquérant et dévastateur !

6,5/10