Excerpta Funebris - L'Antre des Damnés XXI

Cover Excerpta Funebris finale650.jpgL'Antre des Damnés XXI (Fr)

Près de trois ans se sont écoulés depuis la parution du premier album des Savoyards de Malmort... Que le temps passe vite !!! Cet opus, du nom de Vox in Excelso, qui avait permis au groupe de se faire connaître davantage encore sur les terres de France, et même d'exporter son nom à l'étranger... Et voici donc qu'apparaît, en cette fin d'année 2014, la suite logique de ce périple à travers le Moyen Âge français, dans ce que cette époque a pu susciter de plus sombre. Logique je disais, car Excerpta Funebris se fait lui aussi le témoin de l'identité musicale que Malmort a su se forger au fil du temps, mais ce n'est pas tout ; cette nouvelle offrande dépasse en tous points ce que le groupe a proposé par le passé. Et parlons du son, tout d'abord : comme toujours fidèle au studio « La Grôlle », le groupe s'est doté d'une production d'une puissance qui écrase le travail réalisé auparavant sur Vox in Excelso, sans pour autant dénaturer le caractère cru et sauvage des nouvelles compositions. On distingue absolument tous les instruments sur Excerpta Funebris, la basse y compris ; et que dire de ces frappes de batterie dont le rendu se veut organique et implacable à la fois !!! Rien à voir avec toutes ces productions aseptisées et sans âme. Au delà de ces « détails » techniques, la vraie particularité réside ici dans la lourdeur et la froideur dont est empreint chaque morceau de ce nouvel opus. Tandis qu'hier le groupe se « contentait » de cracher sa haine à la face du monde avec des titres très accrocheurs et limite punk dans l'esprit (avec pourtant beaucoup de talent, il faut le souligner), il fait état aujourd'hui de davantage de perfidie et de vice dans son approche du black metal. C'est le cas par exemple du morceau qui ouvre l'album, Las! Mort qui t'a Fait si Hardie : l'atmosphère, aussi pesante que sinistre, qui s'y instille peu à peu (pour ne plus le quitter) est à vous glacer le sang, tandis que le chant de Reicheran, rugueux comme jamais, met en lumière des textes d'une rare beauté... Petite parenthèse justement quant aux paroles de l'album qui, cette fois, ont été rédigées dans la langue de Molière – une langue qui, inévitablement, sied mieux au concept mis en avant par Malmort (ce que j'avais d'ailleurs suggéré à la fin de ma chronique de Vox in Excelso). Je ne peux m'empêcher aussi d'évoquer cette magnifique pièce que constitue La Grande Danse Macabre, pour moi LE point d'orgue d'Excerpta Funebris. Par l'utilisation de passages « doomesques », le groupe est parvenu à créer ici une ambiance funéraire contrebalancée de temps à autre par des parties nettement plus rythmées. 11' exceptionnelles... Pour le reste, on retrouve également le Malmort de l'album précédent, avec de ces riffs aussi tranchants que la lame d'un rasoir (comme dans Le Mege de Second Ordre ou encore Disciplinati), mais avec cet aspect froid et glauque qui lui manquait indéniablement (dont la pochette se fait en outre le témoin). Petit plus : la reprise (cachée) d'In the Shadow of the Horns qui trouve parfaitement sa place ici. Je n'en dirai pas davantage, car vous l'aurez compris : j'ai été littéralement envoûté par cette splendide œuvre d'art noir qu'est Excerpta Funebris. Ignorer cet album serait une grave faute de goût...

Edler Rabe