Vox in Excelso - Mezdoun

Cover Vox In Excelso500.jpgMezdoun (Fr)

Après une démo, un MCD, des concerts, un split EP, il ne manquait plus à Malmort qu'un album pour confirmer sa place au sein de la scène BM française. C'est désormais chose faite.
Certains trouveront que Malmort se contente d'enfoncer les portes ouvertes du Black Metal, en pratiquant un style ultra-classique, mâché et re-mâché des milliers de fois, et sans doute c'est ce qu'on peut se dire quand on écoute cet album un peu trop rapidement. Mais quand on tend l'oreille un peu mieux, on entend tout un tas de petits détails qui font de "Vox In Excelso" un peu plus qu'un album de BM direct et efficace.
C'était pourtant évident que, Malmort faisant de la scène (chose finalement assez rare dans le milieu), on pouvait s'attendre à des compositions faites pour donner des palpitations à la faune de la fosse, et c'est le cas. En effet on trouve de bons riffs bien gras, des vocaux déchirés, une batterie qui martèle "comme il faut", avec quelques passages en D-beat. Par certains cotés, Malmort flirte avec le Black'n roll façon new Satyricon (juste ce qu'il faut, hein), avec ses riffs trashy comme sur le début de "Templi Secretum", de "De Lande Novae Militiae" ou encore "Finis Regni et Funereus Successiones". Le tout avec une prod qui donne une ampleur conséquente, toute en clarté et en puissance.
Mais au delà de cette efficacité, le cœur des composition cache moult parties plutôt riches en ambiances, mid-tempo ou non, aux riffs qui se font plus sombres, quelquefois avec des arpèges fantomatiques, une batterie tout en finesse, une basse travaillée toute en profondeur, et parfois des hurlements et des bruitages et phrases en français qui nous rappellent au concept, comme sur la fin de "Considerentes Dunum".
Malmort nous parlait de Gilles de Raie sur le MCD, et d'alchimie sur le spit EP, pour l'album, les Templiers sont à l'honneur. Evidemment, il faudra soit un minimum de culture (ou à défaut, de curiosité) pour comprendre les références à l'histoire de l'Ordre du Temple, mais la plongée dans l'époque est bien faite, chaque titre évoquant un moment clé du parcours de ces moines-soldats. Différents symboles et référence aux personnages de l’époque se retrouvent dans le visuel également, difficile de tout relever, notez quand même que Vox In Excelso est le nom de la "bulle pontificale" qui mit fin à l'ordre.
Le seul défaut que je trouve à l'album, et je finirai là dessus, c'est que les titres font souvent monter la sauce, et trop souvent un riff un peu moyen vient casser l'effet, ce qui est un peu frustrant... Le contre-exemple étant "Faciens Misericordiam", où le riff est le même quasiment tout du long, massif, coriace, suit une accalmie avec quelques riffs déchirants, puis une accélération en apothéose. Le résultat de ce titre pourrait se retrouver partout, la matière brute étant là, mais il faudra encore s'améliorer dans la manière d'amener l'auditeur là où on veut l'emmener.

(Je me doit de préciser que, ayant fait partie du groupe pendant pas mal d'années, , précisément jusqu'à la sortie du MCD, je ne peux bien sûr être 100% objectif vis à vis de cet album. Initialement je ne pensais pas en publier de chronique, mais voyant le trop peu de commentaires que l'on pouvait trouver sur la toile, je me suis ravisé.)

Necrowarrior