Excerpta Funebris - Mezdoun

Cover Excerpta Funebris finale650.jpgMezdoun (Fr)

Depuis maintenant une dizaine d'année, les haches de Malmort creusent leurs sillons dans le paysage du Black Metal français, et déjà le 2nd album, « recueil de la mort » le bien nommé.

Cette fois ci, les compositions sont plus que jamais sous la coupe de Dalgrin, un travail de guitare influencé par l'early Shining (à mon avis) souvent torturé (on est loin du riffing direct des démos), aux strates qui se font et se défont telles des volutes de fumée... Et si l'ensemble est loin d'être monolithique, il y a globalement une tendance à un mid-tempo aux accents dépressif. Ceci dit certaines compositions (Les Ecorcheurs) sont quand même directes et rentre-dedans, foutrement taillées pour le live, et chaque titre donne à un moment ou l'autre l'occasion à Oldar (le batteur) de montrer ce qu'il a dans les tripes. Le tout sous le sceau d'un travail de mixage/production à la hauteur de la techniques des sirs.

Reicheran a encore fait montre d'une grande maîtrise, et d'une certaines prises de risques (les gémissements à la Silencer, ça passe ou ça casse) qui paye (je pense particulièrement à « Moribundis » qui donne envie d'ensemencer la mandragore) .

Là où la plupart des albums donnent tout ce qu'ils ont dès les 2-3 premiers titres, Exerpta Funebris se révèle plus particulièrement dans les derniers titres, comme l'excellent « Le gibet de Montfaucon », le point d'orgue de l'album étant le lancinant « La Grande Danse Macabre », au riffing morbide, qui vient clôre l'album. Enfin, pas exactement, car le groupe nous gratifie d'une ghost-track fort appropriée (à la 13eme minute), avec une reprise des maîtres DARKTHRONE « In the shadow of the horns » qui ne trahit pas un moment l'esprit de l'original.

Ainsi l'ambiance est plus sombre que jamais, avec des textes fort bien écrits, toujours sur des thèmes médiévaux, en ancien français (ou en français très teinté d'ancien français, je ne saurai dire), on l'y parle de la danse macabre (forcément), les flagellants, de gibets et d'écorcheurs, le tout avec un visuel franchement réussi, où comme au temps des danses macabres, la mort était présente partout, à la fois fascinante et familière.

En définitive, Malmort enfonce le clou, et prouve qu'on peut à la fois être un bon groupe de live tout en sortant des albums de très bonne facture, le tout dans un style qui s'affirme de sorties en sorties.

Necrowarrior