Excerpta Funebris - Soil Chronicles

Cover Excerpta Funebris finale650.jpgSoil Chronicles (Fr)

Après « Vox In Excelso » en 2012, les Français de Malmort reviennent deux ans plus tard avec « Excerpta Funebris ». À quoi sait-on que le groupe joue du Black Métal avant même d’avoir écouté ne serait-ce qu’une seule note ? Il parle le latin et le vieux français, bravo au petit fayot du premier rang.
Histoire de ne pas laisser penser qu’il s’agit d’une énième formation sans expérience, je précise juste que Malmort est composé d’anciens Nehëmah et Evohé (entre autres), cela suffira à calmer les angoisses de l’auditeur hésitant, voire récalcitrant à l’apprentissage de ses déclinaisons.

Bien entendu, ce passé illustre n’est absolument pas terni ici : le Black Métal de Malmort, plutôt lancinant et suicidaire que guerrier, est tout bonnement excellent. Et il y a de très bonnes raisons à cela, bien qu’elles soient difficilement explicables. Cela tient en grande partie à l’ambiance générale des morceaux, d’une obscurité proche de la cécité, à l’approche très brute de la composition (pas de claviers ou de chant féminin, merci bien) dans laquelle transparaît tout le savoir faire de musiciens aguerris.

Alors certes, le style pratiqué est on ne peut plus classique mais ce retour aux sources mêmes du genre est interprété avec un tel brio que l’on ne peut que féliciter le trio pour son inspiration lugubre, inhumaine. Les gros points forts sont, selon moi, le chant incroyable de Reicheran ainsi que la qualité du riffing, sobre, allant systématiquement à l’essentiel sans surenchère pompeuse. Pour enrober le tout, une production glaciale, donc limpide, sans aucune impureté autre que musicale.

« Excerpta Funebris » n’est pas un album sur lequel on disserte des heures : il se vit dans la pénombre.

7,5/10

Arno